Société

Paye ton ticket de métro à Beijing… avec des bouteilles en plastique!

La Chine traîne à juste titre une vilaine réputation de pays très pollué. Le boom économico-industriel fut si intense et si rapide que les infrastructures n’ont pas eu le temps de s’adapter aux conséquences de l’arrivage d’une quantité astronomique de déchets.

Promenons-nous un peu: dans les villes, cela ne se fait pas trop sentir. Le ramassage et le tri des déchets s’est organisé, et si les rues sont jonchées de déchets le soir, elles sont bien souvent propres le lendemain matin. Durant la journée, des personnes armées de pelles et de grandes pinces traquent les déchets plastiques, revendus au kilo aux centres de recyclage. Des poubelles à tri sélectif sont installées un peu partout dans les quartiers modernes. Ailleurs, on croise plutôt de grosses bennes en fer rassemblant les déchets d’un pâté de maison entier.  Mais les déchets jonchant le sol ne sont pourtant pas rares. De plus, l’eau courante n’étant pas potable, les bouteilles d’eau ou de thé se vendent comme des petits pains…

Bouteilles en plastique à Beijing

Recycleurs de plastique à Beijing

Eloignons-nous un peu des villes. Parmi mes périples chinois, j’ai un souvenir particulièrement vif de ma toute première (et quasiment unique) virée dans la campagne profonde. Nous avions été invités par un ami chinois à visiter sa famille, agriculteurs à 3h de bus de Wuhan (Hubei). Les paysages étaient superbes, et les gens plus accueillants que je n’aurais osé l’imaginer. La pauvreté était visible partout, mais les gens étaient souriants, curieux, et surtout d’une générosité épatante: nous étions reçus comme des princes, avec une profusion presque gênante de nourriture et d’alcool. Puis est venue l’heure de la visite: présentation de chaque champ, des plantes cultivées, rencontre des voisins.

Et sur chaque route, chaque chemin, chaque sentier… des déchets plastiques.

Les champs étaient propres, mais partout autour, c’étaient des bouteilles écrabouillées, des sacs accrochés aux branches, des barquettes de nourriture encore grasses et à moitié enterrées… Un choc à nos yeux de petits français. Eux ne le remarquaient même plus. J’ai découvert leurs techniques de gestion des déchets organiques, aussi efficaces que surprenantes (cela pourrait faire l’objet d’un autre article car il n’y a pas que du compost!). Mais dans cette campagne reculée, le plastique est arrivé il y a bien longtemps tandis que le ramassage organisé des déchets, lui, n’existe tout simplement pas encore! Alors les déchets sont globalement gérés par les habitants eux mêmes, ce qui explique qu’il soit tout à fait incomplet et insuffisant.

Cette digression pour mettre en exergue la criante nécessité chinoise de gérer ses beaucoup trop nombreux déchets plastiques. Pékin innove et créée le ticket de métro payable en bouteilles plastique!

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10 distributeurs sont en test sur la ligne 10 du métro de Beijing (Pékin). L’objectif est double: favoriser le recyclage mais aussi l’utilisation des transports en commun (beaucoup de chinois se déplacent à vélo, ou en scooter électrique). Sur le site Sinoconcept, on trouve le processus d’utilisation de ces machines:

« La Société Incom met en place ce distributeur de ticket intégrant une machine qui recycle les bouteilles de plastique.Vous n’avez qu’a insérer votre bouteille en plastique et attendre vingt secondes jusqu’à ce que la bouteille soit écrasée à un tiers de sa taille originale.

Le montant perçu est déposé sur votre titre de transport. À savoir, 20 bouteilles en plastique équivalent à un voyage en métro. Le système est plutôt bien rodé : si autre chose qu’une bouteille vide quelque chose est jeté dans la machine, tels que les déchets de papier, la machine va le “recracher”.

Aussi, chaque machine peut collecter jusqu’à 400 bouteilles sans être vidée ».

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Le projet est voué à s’étendre au delà des rames de la ligne 10 du métro:

« La société envisage également de couvrir plus de matériaux de recyclage comme les canettes métalliques. Malgré les belles prouesse de cette machine, l’ utilisation peut paraître fastidieuse. En effet, la compression de la bouteille prend environ 20 secondes, vous devez donc attendre pour en insérer une autre. La récompense financière est pour l’instant symbolique puisque l’on gagne un Mao contre une bouteille. Conversion faite, il vous faut 20 bouteilles pour obtenir un ticket de métro! »

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Cela ne règlera pas le souci de nos charmants agriculteurs, mais c’est une initiative qui (si elle se développe) pourrait provoquer à terme une évolution très intéressante dans les comportements… et donc sur l’environnement!

Ne perdons cependant pas de vue qu’à Beijing comme dans toutes les villes de Chine, de nombreuses personnes vivent de la collecte et du recyclage des déchets plastique, et que la généralisation de ces machines pourrait purement et simplement détruire leur activité. Un mal pour un bien? Le débat est bien réel. Et vous qu’en pensez-vous?

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3 réflexions sur “Paye ton ticket de métro à Beijing… avec des bouteilles en plastique!

  1. Pingback: A Beijing, payez votre ticket de métro avec des bouteilles :dkikabuzz

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