Cinéma

« The Monkey King 2 », une bonne surprise

Sun Wukong

Sun Wukong

Vendredi dernier avait lieu un événement historique. Pour la première fois, avait lieu en France l’avant-première d’un film Chinois sortait en avant-première en France le jour de sa sortie chinoise ! Le Film ? The Monkey King 2 qui est sorti le 10 février en France. CN KICK y était…

Pour l’occasion, des personnalités du cinéma étaient présentes : les actrices Li Xi’er 齐浠儿 (« The Monkey King 2 ») et Loan Chabanol (« Transporter Héritage », « Apprenti Gigolo », « Puzzle »), que nous avons interviewées ; le réalisateur Philippe Muyl (« Le Promeneur d’Oiseau ») ; le distributeur exécutif en France Agliane Pajaniradja (Aanna Film) ; et des officiels comme le Président du Centre Culturel de Chine. Jackie Chan qui n’a pas pu être présent a, quant à lui, envoyé une vidéo de son discours.

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De gauche à droite : la présentatrice, Chloé Guo Rui représentante du distributeur China Lion, Loan Chabanol, Philippe Muyl, Li Xi’er, Agliane Pajaniradja distributeur exécutif en France

Le film

« The Monkey King 2 » est un film du réalisateur Pou Soi Cheang 郑保瑞 habitué des films d’actions (« Accident », « Love Battlefield », « Motorway », « Coq de Combat »), qui met en scène une adaptation d’une partie du célèbre roman des Ming « Les Pérégrinations vers l’Ouest » aussi connu sous le nom de « Voyage en Occident », en chinois Xiyouji 西游记.

Une adaptation libre du roman parmi tant d’autres

« Les Pérégrination vers l’Ouest » conte le voyage du moine Tang Sanzang, accompagné du Roi des Singes Sun Wukong, et de deux démons Zhu Bajie et Wujing. Ceux-ci sont missionnés par le Bouddha Guanyin d’aller chercher les saintes écritures bouddhiques Cittamātra dans les lointaines contrées de l’Ouest puis de les ramener en Chine. Ils rencontrent 81 obstacles (nombre symbolique) avant de parvenir à la fin de leur périple. Grossièrement parlant, le roman est dépeint par la plupart comme une œuvre satirique envers le moine (toujours dans la position de la demoiselle en détresse à cause de sa naïveté) et le bouddhisme en général, le personnage réellement mis en valeur est le Roi Singe.

En Chine, le roman a été adapté un nombre incalculable de fois au cinéma et ses personnages sont repris dans presque toutes les séries du types dieux et démons, dans des œuvres romanesques et théâtrales anciennes et contemporaines, mais aussi dans les dessins animés et les jeux vidéo de toute l’Asie de l’Est.

« The Monkey King » mettait en scène la jeunesse tumultueuse de Sun Wukong, le 2ème opus se concentre sur sa bataille contre Baigujing, la démone aux os blancs. Il semble vraisemblable pour des raisons cinématographiques que le film ne présente pas le voyage en entier (81 obstacles, vous imaginez !), mais se concentre sur une partie et un opposant majeur entouré de quelques autres.

Une écriture qui s’adapte aux codes des blockbusters américains

Les événements sont plus linéaires, ils s’enchainent de manière limpide pour faciliter la compréhension du public. Le personnage de Wukong est plus musclé et viril (Aaron Kwok a remplacé Donnie Yen), il correspond plus à l’image des héros que l’on voit dans les blockbusters américains, cependant ne vous en faites pas, le personnage n’est pas lisse : il reste tout de même simiesque, facétieux avec ce mélange de loyauté et de cruauté qui le caractérise.

Côté scénario, celui-ci est simple mais la relation de Sun Wukong avec Tang Sanzang, et la psychologie à la « Maleficient » de Baigujing rendent le film intéressant.

Une technique visuelle mieux aboutie que le premier opus

Au niveau graphique, la différence entre le premier opus et le deuxième relève du jour et de la nuit. Le premier est kitsch avec sa 3D cheap, et ses forêts de fausses fougères, tandis que le deuxième justifie sa sortie 3D, avec une 3D honorable de bonne facture -bien qu’inégale à certains moments-, des décors et des costumes magnifiques. Dans l’ensemble, il y a eu un changement radical de moyens. Il suffit de voir les combats aériens de Baiwujing dont la traine de plumes, d’écailles et de fumée virevolte au vent pour s’en rendre compte.

En conclusion, ce film est une agréable surprise qui rafraichit dans le paysage saturé des adaptations de comics américains. On espère une suite qui n’est pour l’instant pas annoncée, et pourquoi pas d’autres films qui adapteraient un Hou Xiyouji, roman qui dépeint l’après voyage des héros.

Le moineTang Sanzang

Tang Sanzang

Baigujing

Baigujing

Le casting

Sun Wukong 孙悟空 = Aaron Kwok 郭富城, prend la place de Donnie Yen

Tang Xuanzang 唐僧 = Feng Shaofeng 冯绍峰

Baigujing 白骨精 = Gong Li 巩俐

Wujing 沙僧 = Chung Him Law 罗仲谦

Zhu Bajie 猪八戒 = Xiao Shenyang 小沈阳

Guanyin 观音 = Kelly Chen 陈慧琳

Le roi du royaume de la mer de nuage de l’ouest 云海西国国王 = Kris Phillips 费翔

Réalisateur : Pou Soi Cheang 郑保瑞

Scénaristes : Ran Ping, Ran Jianan, Elvis Man, Yin Yiyi

Compositeur : Christopher Young

Staff complet

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Interview

Jia Qingyuan, spectateur et assistant-organisateur de l’événement

Que pensez-vous du film ?

JQ : « Il est très bien. Pour moi, le temps du film suit deux logiques, une logique occidentale et une logique chinoise. »

Que représente Sun Wukong pour les chinois? Et pour vous ?

JQ : « Sun Wukong est un héros pour tous les petits garçons. Quand j’étais petit j’ai déjà fait des rêves dans lesquels j’étais Sun Wukong, et le plus étrange c’est que quand j’en ai parlé à mes amis, ils avaient fait des rêves similaires ! Avant, Sun Wukong intéressait plutôt les garçons, mais maintenant les petites filles s’y intéressent aussi, pour elles, il est un genre d’idéal masculin, un héros espiègle, rusé mais aussi viril. Il a un côté gentil mais en même temps parfois méchant et cruel. Il n’est pas forcément compris par les autres, élevé par un moine taoïste et fort de ses nombreuses expériences de vie, il connaît tout, il voit tout, il veut assurer la sécurité de tout le monde mais se fait réprimander. Il est doté d’un esprit rebelle et sage à la fois. »

Comment expliquez-vous qu’après tant de films sur Sun Wukong et le Xiyouji, le public en redemande encore ?

JQ : « Pendant des centaines d’années, depuis que le « Xiyouji » a été écrit par WU Changen lors de la dynastie Ming, l’histoire du Xiyouji est interprétée via différents genres d’art – les versions des opéras chinois (par exemple, le Kunqu 昆曲),les versions de  Pingshu (‘storytelling’ 评书),  les séries télévisées, les films, les films d’animation… Ils ont touché des publics de tous âges, et chaque version a ajoutée ses propres personnalités artistiques. Par exemple, pour les séries TV du « Xiyouji », la version de 1986 est la plus populaire ; Tandis que parmi les films sur Sun Wukong, la version du Roi singe de CHOW Sing chi 周星驰 est la version plus populaire pour le public né dans les années 1980 et 1990. A travers toutes ces versions, petit à petit une ou plusieurs images de Sun Wukong ont été acceptées par le public, c’est pour cela qu’on peut reconnaître l’image de Sun Wukong d’aujourd’hui sur les écrans. Pour moi, les différents films sur Sun Wukong et le Xiyouji sont dans une procédure de l’évolution de la même histoire via des versions qui portent des personnalités de Sun Wukong plus ou moins différentes. Donc le public peut dire qu’il aime ou qu’il n’aime pas certains changements de tel ou tel films sur Sun Wukong et le Xiyouji, mais cela ne change en rien ses intérêts sur le personnage et l’œuvre originale. »

Un certain nombre de personnages légendaires se retrouvent dans les films et les séries chinoises, on voit souvent les mêmes personnages (Sun Wukong, Zhu Bajie, Guanyin, Niumowang, Yudi etc…), n’est-ce pas difficile de renouveler leurs histoires avec un œil nouveau ? Pensez vous que The Monkey King 2 a réussi ce pari ?

JQ: « Oui c’est difficile d’ajouter des choses complètements différentes sur ces personnages, je trouve qu’ils ont réussi à nous donner à voir quelques nouvelles choses. Je pense que le principe de leurs histoires n’a pas changé cette fois, c’est plutôt les moyens d’interpréter ces personnages (Wukong, Bajie…) qui nous donnent à voir des choses différentes; par exemple, le personnage de Bajie joué par Xiao Shenyang est en charge de la partie comique. Et aussi le moyen de raconter cette histoire a créé une personnalité à ce film. Quand j’ai su que les personnages principaux étaient joués par des artistes plus connus aujourd’hui, j’avais mal imaginé ce que cela donnerait, après avoir vu le film, je trouve que le résultat n’est pas mal, et surtout Kwok Fu Shing (Aaron Kwok ndlr) qui joue le personnage de Sun Wukong m’a surpris, ce rôle lui va bien! Pour finir, les effets spéciaux de « The Monkey King 2 » me donnent une impression différente par rapport aux autres films. « 

L’histoire n’est pas terminée, pensez-vous qu’il y aura une suite ?

JQ: « Oui, il y aura une suite. « 

Se pourrait-il que le « Hou Xiyouji »  soit adapté ?

JQ: « Je ne sais pas, est-ce que toutes les version du Xiyouji ne ressemblent pas plus à la première version qui pourrait être définie comme le « Hou Xiyouji »? Je ne suis pas sûr donc. « 

Merci encore Qingyuan pour votre patience et vos réponses.

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