La couv' du dimanche/Littérature

La Couv’ du dimanche 7 : « Passagère du silence » de Fabienne Verdier

Peut-être connaissez-vous déjà le nom de Fabienne Verdier, qui n’est non pas écrivain mais peintre.

couverture livre de poche

Edition Livre de Poche 2008

La couverture représente d’ailleurs l’une de ses oeuvres, Les Monts immortels, imprégnées par la pensée et la technique picturale chinoises, tout en s’en éloignant et créant un style qui lui est propre : saisissant par la légèreté du trait et le contraste des couleurs, poétique dans sa composition.

Si l’on s’attarde sur le titre après la page de garde, un mot nous frappe : récit. On serait tenté d’y ajouter autobiographique, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Avec « Passagère du silence », Fabienne Verdier revient en effet sur son parcours, ce qui l’a amenée à peindre de cette manière, avec cette question qui l’a taraudée il y a environ 30 ans : si autant d’Asiatiques viennent étudier l’art occidental et sa technique, pourquoi une Occidentale ne ferait pas la démarche inverse en allant étudier l’art en Chine ?

Intriguée par la calligraphie et l’étude du vivant, elle relève ce défi après ses études aux Beaux-Arts de Toulouse en 1983, date qui marque le début de six années universitaires à Chongqing, dans le Sichuan.
Seule étrangère dans cette université, on découvre sous son regard une Chine bien différente d’aujourd’hui, encore très marquée par la Révolution Culturelle et où l’étude de l’art traditionnel chinois ne va pas de soi. La jeune Française n’hésite pas à enfoncer des portes et aller à l’encontre du cadre qui lui est imposé, pour pouvoir ainsi apprendre auprès de grands maîtres la calligraphie, la gravure de sceaux et la peinture, trois domaines intrinséquement liés en art pictural chinois.

Il y a peu de dates, peu de linéarité : Fabienne Verdier coud son récit autour de thèmes et nous emmène dans son quotidien d’étudiante, avec ses difficultés d’adaptation, ses questionnements, ses quelques voyages scolaires à la rencontre des minorités, et son apprentissage technique et spirituel auprès de Maître Huang, un grand nom de la calligraphie. On plonge avec elle dans la pensée chinoise, au sein d’une vision artistique bien loin de l’esprit occidental, mais dont l’artiste trace avec finesse quelques parallèles.

couverture albin michel

Edition Albain Michel 2003

 

Vous l’aurez compris : j’ai été transportée par ce récit, qui permet de comprendre mieux les oeuvres de Fabienne Verdier, la pensée et l’art chinois en général, en plus de faire découvrir la société d’une l’époque. Fascinant !

Pour en savoir plus :   http://www.fabienneverdier.com/

                                         Documentaire : Fabienne Verdier – peindre l’instant

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